Les pratiques contemporaines de l'écriture textuelle pour la scène

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Publié le: 24 février 2017

L’ÉCRIVAIN LÉGER : IDÉOLOGIES ET PRATIQUE DE L’ÉCRITURE DRAMATIQUE DANS LA « CULTURE DU PROJET » CONTEMPORAINE

ELIZABETH BOURGET
YVES JUBINVILLE

QUÉBEC

Il y a des processus d’écriture, individuels ou/et collectifs, des textes multiples et protéiformes produits parfois pour d’autres scènes ou supports que ceux du théâtre, puis il y a les écrivains qui y parviennent par divers chemins, détournés et insoupçonnés, et sans nécessairement vouloir s’y établir mais qui, le temps d’un spectacle, adoptent le statut d’auteur dramatique. Notre communication s’intéresse principalement à ce dernier phénomène : celui des auteurs de théâtre dont l’identité, comme les formes qu’ils façonnent à la faveur d’une multitude de projets, serait accordée à une pratique, celle d’écrire pour le théâtre, qui se caractérise par l’adaptabilité, l’ouverture, l’indétermination et qui repose de moins en moins sur des normes et des dispositifs institués. Le dramaturge (québécois) contemporain est un « être léger », pour reprendre l’expression de Luc Boltanski (1999) dont les analyses sur le nouvel esprit du capitalisme aident à comprendre comment les mutations politiques et économiques des années 1980 et 1990 ont contribué à façonner un ordre idéologique nouveau qui imprègne aussi bien le monde de l’entreprise que celui de l’art. Attentif aux discours des auteurs, plus qu’à leurs oeuvres, notre communication interroge les contours mouvants de la fonction dramaturgique et son inscription dans une « culture du projet » (Boltanski, 2006) qui modifie radicalement la représentation du métier d’auteur dramatique héritée de l’après-guerre. Cette réflexion sera par ailleurs une invitation à faire le point sur une institution qui a marqué la dramaturgie québécoise des trente dernières années : le Centre des auteurs dramatiques (CEAD). Nous centrerons notre propos sur l’un des mandats de cet organisme qui consiste à offrir à ses membres un service d’accompagnement dramaturgique. Comment adapter, ajuster (le faut-il ?) ce service au contexte de mutation des écritures et du statut de l’auteur dramatique dans le théâtre contemporain ? Entre écriture du plateau, performance et écriture scénique, pour ne rien dire de ce « théâtre à texte » auquel souscrivent encore plusieurs, ce travail d’accompagnement, qui s’inscrit de plain pied dans la durée du « projet » et marque ainsi une étape importante dans le parcours d’un texte vers la scène, est-il de plus en plus nécessaire et, si tel est le cas, comment doit-il à son tour s’adapter au contexte actuel de production/création théâtrale et, par la même occasion, à l’identité précaire, incertaine qu’affiche l’auteur ?

There are writing processes, individual and/or collective, multiple and protean texts sometimes produced for other stages or media than those of theatre, then there are writers who succeed through various paths, diverted and unsuspected, and without necessarily wanting to establish themselves but who, the time of a performance, adopt the playwright status. Our communication focuses on the latter phenomenon: the playwrights whose identity, as the forms they shape under cover of a multitude of projects, would be given to a practice, that of writing for theatre, which is characterized by adaptability, openness, indeterminacy and is based less and less on established standards and devices. The playwright (Quebec) is a contemporary « light being », in the words of Luc Boltanski (1999) whose analyses of the nouvel esprit du capitalisme help understand how political and economic changes of the 1980s and 1990s contributed to shaping a new ideological order that permeates both the business world that of the arts. Attentive to the authors’ speeches, more than to their works, our communication questions the shifting contours of the dramaturgical function and its inclusion in a « project culture » (Boltanski, 2006), which radically modifies the representation of the playwright profession inherited from the postwar period. This reflection will also be an invitation to take stock on an institution that has marked Quebec theatre of the last thirty years: the Centre des auteurs dramatiques (CEAD). We will focus our discussion on one of the mandates of this organization which consists in offering its members a dramaturgical support service. How to adapt, adjust (is there a need?) that service to the context of changing writings and of the playwright’s status in contemporary theatre? Between stage writing, performance, and scenic writing, to say nothing of this « textual theatre » to which many still subscribe, this work of accompaniment, which is registered on one level in the long term « project » and marks an important step in the path of a text to the scene, is it increasingly necessary and, if so, how should it turn adapt to the current context of production/theatre creation and, at the same time, to precarious and uncertain identity displayed by the author?

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Communication

Crédits photos: Nicolas Bergeron
Productions sonore de la CRC Dramturgie sonore au théâtre
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