Colloque 2016 | CRC Dramaturgie Sonore au Théâtre

Publié le: 24 février 2017

MATÉRIAUX TEXTUELS ET DISPOSITIFS

CAROLE NADEAU

QUÉBEC

J’expose ici une recherche-création qui vise à éclairer la fabrication d’un dispositif scénique par l’analyse des mécanismes qui s’y déploient à travers l’exploration du phénomène d’un corps sans organes.

Résonances propose un brouillage disciplinaire, un espace déambulatoire où le spectateur peut quadriller le territoire scénique mis à sa disposition, agissant sur son propre parcours sensible, dans une relation mobile et fluctuante avec les paroles, les corps, les espaces et les images en présence, opérant son propre corps à corps à l’œuvre.

J’aimerais rappeler brièvement la démarche de Michel Bernard qui s’attache à définir le délaissement du « corps » unitaire et signifiant au profit d’un corps sans organes et d’une logique de la sensation comme caractéristique de l’art contemporain. Selon lui, « corporéité », serait un vocable qui traduit mieux la malléabilité énergétique et réseautique qui s’y déploie et dont la sensation serait le « noyau ». La popularité récente du dispositif scénique pourrait être le signe de ce glissement qui s’opère à l’heure actuelle et se manifeste selon Bernard dans l’art contemporain, ouvrant la mise en jeu de nouveaux enjeux fondés sur des critères différents de ceux aristotéliciens. La particularité de cette pratique par rapport à la pratique traditionnelle se manifeste, entre autres, par le degré d’importance qu’acquiert chacun des constituants, reléguant la souveraineté du texte et de son intrigue pour une quête d’autonomie interconnective où les jeux de pouvoir ne sont pas fixés.

Ainsi, ce qui, dans les propositions théâtrales dites postdramatiques, a été parfois perçu comme une posture d’exclusion du textuel pourrait s’avérer au contraire une approche inclusive de celui-ci au sein d’une interface scénique qui s’éloigne du principe de souveraineté des domaines disciplinaires pour valoriser une virtualité interconnective en forme étoilée. Celle-ci se trouverait à être dynamisée et rendue opérationnelle grâce à l’hétérogénéité et à la circulation des dominances des éléments en présence dans une mise en dispositif qui favorise un corps sans organes et introduit une nouvelle autonomie des diverses composantes de l’évènement scénique.

I present here a research-creation intended to inform on the production of a stage device by analysis of the mechanisms unfolding through the exploration of the body without organs phenomenon.

Résonances proposes a disciplinary interference, an ambulatory space where the spectator can crisscross the scenic territory at its disposal, acting on its own sensible path in a mobile and fluctuating relationship with words, bodies, spaces and images, operating his own hand to hand with the work of art.

I would like to briefly recall the Michel Bernard approach that seeks to define the abandonment of the « body » unitary and meaningful in favor of a body without organs and logic of sensation as a feature of contemporary art. According to him, « corporeality  » is a term that better reflects the energy and networking malleability that it deploys and of which sensation would be the « core ». The recent popularity of the stage device could be a sign of this shift that is taking place at the present and is manifested according to Bernard in contemporary art, launching the application of new challenges based on different criteria than Aristotelian. The peculiarity of this practice compared to the traditional one, is manifested, among others, by the degree of importance acquired by each constituent, relegating the sovereignty of the text and its plot for a quest for interconnective autonomy where power games are not fixed.

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Communication

Productions sonore de la CRC Dramturgie sonore au théâtre
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